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CUBA : L’UTOPIE REALISEEPar JACOBO MACHOVERImpossible d’écrire sur les réalisations littéraires tournant autour de l’utopie à Cuba sans se référer à son principal théoricien, Ernesto Che Guevara. C’est pourquoi il nous faut revenir aux origines du texte fondateur de la conception cubaine de l’ « homme nouveau », à savoir la lettre adressée en 1965 à Carlos Quijano, directeur de l’hebdomadaire Marcha de Montevideo, intitulée « El socialismo y el hombre en Cuba » [1] . Les concepts qui y étaient exposés sont devenus, par la suite, autant un dogme qu’un mythe, mais ses prolongements concrets et ses échecs sont encore visibles dans la réalité, dans la mémoire et dans les idéaux de millions d’hommes et de femmes qui, tant à Cuba que dans le reste de l’Amérique Latine ou dans d’autres régions du globe, ont fait de cette idée un instrument de combat ou de sacrifice. Près de quarante ans après, est-il possible d’analyser sereinement les fondements de ce concept ainsi que les dérives et les frustrations auxquelles il a donné lieu ? Permettez-nous d’en douter. C’est néanmoins ce que nous tenterons de faire dans cette communication. L’homme nouveau est arrivé Dans ce texte programmatique, le dernier écrit à Cuba, peu avant son départ pour combattre au Congo puis en Bolivie, le Che définit sa conception de l’hombre nuevo. L’expression n’était naturellement pas inédite, mais ce n’est pas ici le lieu pour remonter à ses sources. Ce qui nous intéresse, c’est sa définition ainsi que sa concrétisation dans l’île (différente, en tout cas, de sa perception dans le reste de l’Amérique Latine, les autres pays n’ayant pas réalisé leur propre utopie, du moins pas au niveau de la société dans son ensemble). Guevara écrit :
Así vamos marchando. A la cabeza de la inmensa columna –no nos avergüenza ni nos intimida el decirlo- va Fidel, después, los mejores cuadros del partido, e inmediatamente, tan cerca que se siente su enorme fuerza, va el pueblo en su conjunto; sólida armazón de individualidades que caminan hacia un fin común; individuos que han alcanzado la conciencia de lo que es necesario hacer; hombres que luchan por salir del reino de la necesidad y entrar al de la libertad. (…) [2]
Puis il résume son propos dans une série de conclusions : Nos forjaremos en la acción cotidiana, creando un hombre nuevo con una nueva técnica. (…)
En cualquier lugar que nos sorprenda la muerte, bienvenida sea, siempre que ése, nuestro grito de guerra, haya llegado hasta un oído receptivo, y otra mano se tienda para empuñar nuestras armas, y otros hombres se apresten a entonar los cantos luctuosos con tableteo de ametralladoras y nuevos gritos de guerra y de victoria. [6] L'obsession de la mort et du sacrifice Ce "cualquier lugar" est sans nul doute le lieu de l’utopie, loin de l’île et, même, de l’Amérique Latine, du Tiers Monde ou de l’univers en général. Le guérillero n’entend pas voir le résultat concret des idées qu’il a lui-même proclamées. Le sacrifice l’emporte sur la vie. Le lieu de l’utopie tient davantage de l’eschatologie que du programme politique. Il s’apparente, tout simplement, à la mort. Mais l’ « homme nouveau » proclamé par le Che devait connaître un début de réalisation, du moins au niveau de l’idéologie. Et cela ne pouvait se faire que sur une île, là où les principaux précurseurs de l’utopie, tant Thomas More avec son Utopia, publié à Londres en 1516, que Daniel Defoe avec son Robinson Crusoe, paru également à Londres en 1719, plaçaient le cadre idéal de leurs sociétés imaginaires. L’île désormais révolutionnaire allait remplir la fonction, du moins à l’extérieur, de miroir idéal des aspirations d’une bonne partie des intellectuels du monde entier, aussi bien européens qu’américains du Nord et du Sud. A Cuba, Fidel Castro proclamait, au cours de la veillée funèbre en l’honneur de Guevara, en octobre 1967, la nécessité pour les générations futures de réaliser l’idéal du révolutionnaire sacrifié : ¡que sean como el Che!. Immédiatement, les petits pioneros cubains adoptèrent la consigne comme une obligation. Tous les matins, en levant les couleurs du drapeau, ils doivent, en plaçant la main devant leur front dans un salut tout militaire, prononcer rituellement la phrase suivante : Pioneros por el comunismo ¡ seremos como el Che ! L’expédition n’aura jamais lieu. Plusieurs parmi ceux qui participèrent à cette aventure frustrée aux conséquences tragiques (un accident qui provoqua la mort de l’un des participants), une parmi tant d’autres, sont aujourd’hui exilés. Le récit était au départ un scénario de film qui n’a pas pu être tourné à Cuba. Néanmoins, son auteur, bien qu’ayant publié à l’étranger, vit toujours dans l’île. Le roman a pour titre El libro de la realidad. C’est une entreprise de démythification des idéaux de la révolution. Pour Arturo Arango, il s’agit de décrire ce qui autrefois était vu comme une belle utopie comme une entreprise absurde, qui a conduit au sacrifice nombre de jeunes gens animés par cet idéal jusqu’à donner leur vie pour lui. Arango ne juge pas, il se contente de décrire la dégradation mentale de ceux que la révolution avait désignés, comme un honneur suprême, pour suivre le destin du héros sacrifié. Bien des années plus tard, le chef de la troupe qui ne quitta jamais l’île et n’eut pas l’occasion, par conséquent, de livrer un quelconque combat, reconsidère face au narrateur-cinéaste l’aventure frustrée des jeunes gens qui l’accompagnaient : Fuimos absolutamente responsables de nuestros actos », dice, « era el espíritu de la época, y sólo habiéndolo vivido se nos puede compender. » Gonzalo es un hombre de excelente humor, que ve lo acontecido entonces como parte de la locura de años en que « se vivía de otra manera ». « Todos estábamos un poco chiflados », afirma, para luego aclarar : « en el mejor sentido de la palabra ». Mientras conversaba con él, el narrador tuvo la impresión de que Gonzalo hablaba de sí mismo como de otra persona a la que había conocido décadas atrás, y a la que recordaba con mucho cariño. [9]
De ce livre, même si l’on parle du futur, dans un exercice à la fois de politique-fiction et de projection personnelle, toute utopie semble bannie, comme un trop-plein. Il s’agit pour eux tous, et particulièrement pour Iván de la Nuez, de régler leurs comptes avec les idées qui leur ont été inculquées depuis leur plus tendre enfance. Le titre de l’introduction est : « El Hombre Nuevo ante el otro futuro » [11] . Ce futur-là, bien évidemment, n’a plus rien à voir avec celui qu’avait pu imaginer Guevara, dont la conception fait désormais partie du passé, du moins pour les jeunes auteurs regroupés dans ce livre collectif. En fait, il n’y a plus de vision prospective d’un héros positif formé dans le sacrifice quotidien et au feu du combat. Iván de la Nuez précise :
Como productos de una utopía, los seres que aquí se encuentran están, por así decirlo, fuera de lugar. Han sido, son o serán marginalmente latinoamericanos, marginalmente comunistas, marginalmente poscomunistas, marginalmente occidentales, marginalmente liberales. [12] Ceux qui n’ont pas su, ou pas pu, remplir les condition exigées pour faire partie de l’avant-garde, et même ceux qui y sont parvenus à un certain moment de leur vie, se retrouvent dans un non-espace, qui est celui de la marge et non plus celui de l’utopie. Ils sont obligés de pensar desde un espacio que está fuera de lugar, précise donc Iván de la Nuez, qui voit comme nouvel idéal non plus l’Hombre Nuevo (avec majuscules) mais simplement l’Homo democraticus [13] . Les jeunes écrivains cubains ne pensent plus l’utopie dans les termes que leur avait inculqués la révolution. Leur sujet de réflexion imposé, autant de l’intérieur que de l’extérieur (par les sollicitations et la curiosité naturelle des médias) est el día después [14] , « The day after » [15] , selon le titre d’un texte de Víctor Fowler contenu dans ce même volume et qui fait référence à un film américain qui imaginait les Etats-Unis, et New York en particulier, après une explosion atomique. Cuba après quoi, donc ? L’événement n’est jamais nommé, mais l’on peut aisément le deviner. Iván de la Nuez pose la question récurrente :
Hay varias maneras de acumular méritos para alcanzar lo que Ernesto Che Guevara consideró « el eslabón más alto del ser humano ». Una, anteponer los principios a los sentimientos. La auténtica familia es la Revolución. La verdadera lealtad, con la Revolución. [19]
Mais, même si les impératifs individuels et familiaux doivent être subordonnés aux objectifs définis par la révolution, Guevara alerte sur les possibles dérives de ces principes : En esas condiciones, hay que tener una gran dosis de humanidad, una gran dosis de sentido de la justicia y de la verdad para no caer en extremos dogmáticos, en escolasticismos fríos, en aislamiento de las masas. [21]
Puis, comme s’il avait la prémonition du fait que les relations intra-familiales pouvaient être complètement diluées, sacrifiées, monstrueusement déformées au nom de la révolution, il précise : Si un hombre piensa que, para dedicar su vida entera a la revolución, no puede distraer su mente por la preocupación de que a un hijo le falte determinado producto, que los zapatos de los niños estén rotos, que su familia carezca de determinado bien necesario, bajo este razonamiento deja infiltrarse los gérmenes de la futura corrupción. [22]
Dans le récit de Eliseo Alberto, il n’y a pas, bien sûr, de corruption matérielle mais morale. Ce n’est pas non plus du devoir des parents envers leurs enfants dont il s’agit, mais exactement du contraire. Il convient alors de s’interroger pour savoir si ces extrêmes résultent de l’application au pied de la lettre des idées énoncées par Ernesto Che Guevara ou d’une déformation délibérée de ses écrits. La question reste posée. A partir de ce traumatisme initial, Eliseo Alberto entreprend une introspection sur ses propres illusions et sur celles des autres, revenant sur les tentatives de création d’une société nouvelle, d’un communisme intégral, qui se déroulèrent dans l’île, essentiellement au cours des années 60. Il y eut en effet nombre d’endroits plus ou moins isolés où la monnaie avait été abolie, où les séances de critique et d’autocritique se succédaient les unes aux autres, dans le but de construire une micro-société où les rapports capitalistes n’auraient plus cours, où les stimulants moraux prendraient la place des stimulants matériels, dans l’optique d’un socialisme débarrassé de ses dérives soviétique ou chinoise. L’une de ces communes se créa dans le village de San Andrés, dans la province de Pinar del Río. Le narrateur rapporte le récit d’un ami, qui avait été l’un des heureux élus admis à participer à cette expérience. Cet ami, surnommé Paella, raconte au narrateur qu’il veut quitter Cuba sur une balsa [23] , conséquence de ce qu’il a vu et qu’il a tant de mal à raconter :
El Primer Pueblo Comunista del Mundo : l’utopie promise pour le futur se doit de devenir réalité, même dans un espace limité, un endroit précis, bien que reculé et perdu sur cette île qui, en soi, était déjà une vaste utopie. Tout était à construire. L’homme devait se former au combat mais aussi dans les tâches quotidiennes. Cette vision-là était déjà plus orthodoxe, plus proche de la conception soviétique que des idées encore abstraites du Che Guevara. C’était une sorte de phalanstère en temps de paix, dont la mission était de constituer un modèle pour la société cubaine pendant que d’autres, ceux qui étaient destinés au sacrifice, construisaient non pas une société, mais l’embryon de l’ « homme nouveau ». Ce village-là était comme un refuge d’arrière-garde, une entité qui pourrait servir d’exemple et de modèle. Le conférencier qui guidait les estudiantes vanguardias définissait ainsi l’objectif premier du village :
Mais, comme tout Paradis implique un Enfer ou, du moins, un Purgatoire, l’utopie réalisée devait affronter un environnement indifférent sinon hostile : l’ensemble de l’île, dont la conscience était encore insuffisante pour pouvoir prétendre construire à cette échelle la société sans classes. Le Paradis, donc, se voyait obligé de se défendre des influences extérieures qui, elles, n’en étaient encore qu’à un stade insuffisant d’évolution idéologique. Les strates définies pour la construction de l’ « homme nouveau » se retrouvent ici aussi. Il y a toujours une avant-garde d’élus pour guider ceux qui restent à la traîne.
FREEDOM IS SLAVERY [29] . Paella avait vu, le temps d’une visite, la société du futur. Il en était ressorti abasourdi, avec la volonté incontrôlable de fuir le Paradis, de partir le plus loin possible, par n’importe quel moyen. Comme tant d’autres avant et après lui, il construisit sa propre balsa mais fut intercepté en haute mer par les garde-côtes de l’île. Il fut condamné à douze ans de prison pour delito de salida ilegal del país y malversación de bienes del Estado [30] , puis libéré au bout de six ans pour buena conducta [31] . Le narrateur ne dit pas si el preso político Jorge José Candamir Llanes [32] , alias Paella, avait rêvé, avant sa visite à San Andrés, de participer lui aussi à la construction de la société idéale ou s’il avait simplement été mis devant le fait accompli. Le plus difficile, au sein de l’utopie réalisée, c’est de la quitter. Pratiquement tous les jeunes écrivains cubains, qu’ils se trouvent encore dans l’île ou en exil, se voient obligés d’aborder la contradiction entre les idées dans lesquelles ils ont été élevés et la réalité à laquelle celles-ci ont donné lieu. On pourrait multiplier les exemples à l’infini. Les écrits critiques sur l’utopie sont aujourd’hui légion, surtout parmi les romanciers et essayistes qui ont vécu la majeure partie de leur vie sous le régime révolutionnaire. Il est fondamental pour eux de confronter l’idée et le réel, dans un processus ininterrompu de perte des illusions et de brisure de la dichotomie existant en chacun d’eux. D’autres, cependant, préfèrent adopter un réalisme à outrance, faisant abstraction de leur propre Histoire pour se situer délibérément dans un présent devenu le seul levier de leur matière littéraire. Pour les premiers, il s’agit d’assumer toute la complexité de leur pensée à travers l’écriture, en conjuguant tout à la fois passé, futur et présent. Pour les seconds, il convient de se défaire des oripeaux de l’idéologie pour livrer aux regards extérieurs une vision plus simple, plus immédiatement compréhensible, de la réalité actuelle de l’île. Nous nous sommes limité à ce corpus car toutes les œuvres ici abordées racontent l’histoire d’une désillusion, celle d’une génération née pratiquement avec la révolution qui, avant l’exil (pour certains), n’avait jamais connu d’autre horizon. L’utopie cubaine fait partie du passé. Tant les idées véhiculées par son principal théoricien que leur mise à l’épreuve s’identifient davantage aux rêves d’une époque qu’à la possibilité de leur réalisation, même différée. Cela ne veut nullement dire que tout désir d’utopie basé sur les idées de Che Guevara soit mort. Il suffit de constater la ferveur avec laquelle nombre de jeunes continuent à arborer ses portraits au cours des manifestations anti-mondialisation ou l’utilisation commerciale de sa figure [33] . Mais la perception n’est pas la même, selon que l’on se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur de la problématique de la révolution cubaine. Ceux qui adoptent une focalisation externe peuvent tenter de récupérer des restes de l’utopie initiale. Ceux qui, au contraire, ne peuvent faire autrement qu’adopter une focalisation depuis l’optique cubaine, ont dû faire leur deuil de cette utopie-là. « Rêve », « illusion », « utopie » : dans ces trois cas, trois analyses écrites de l’extérieur du système, loin de Cuba, les termes employés font référence à une seule et même réalité, souvent imaginaire. Raúl Rivero avait, depuis longtemps, perdu toute illusion. Dans un texte intitulé « El espejo roto », publié le 8 mars 2003 dans le quotidien El Nuevo Heraldo [35] de Miami, le poète et journaliste indépendant s’en prenait avec une certaine amertume et une rare violence à ceux qui n’avaient toujours pas fait le deuil de l’utopie cubaine, paradigme des utopies encore vivantes. Comme beaucoup d’autres, il avait travaillé à l’instauration et à la consolidation de la révolution pendant de longues années, avant de rompre publiquement avec le gouvernement en 1991. Pour lui, cependant, ce n’est pas un rêve mais son contraire. Vienen de todas partes a dejar, al arrullo de nuestras palmas, sus furias y sus penas. Son las viudas de una ilusión que trastornó a muchas naciones y que sobrevive en Cuba con parches y remiendos. Hablo de los totalitarios tenaces que no pudieron instalar la pesadilla en sus países y vienen a verla languidecer aquí. Puis il ajoutait :Los fanáticos del totalitarismo suelen decir que Cuba es un espejo y un faro. Siempre existieron espejos obedientes que devuelven la imagen que programa su dueño y los faros indican un rumbo, pero no alumbran.
[1]
In Ernesto Che Guevara: Obra revolucionaria, Mexico, Era, 1967, p. 627-639.
[2]
Ibid., p. 638-639.
[3]
Ibid., p. 639.
[4]
Ibid.
[5]
Ibid., p. 640-650.
[6]
Ibid., p. 650.
[7]
Arturo Arango : El libro de la realidad, Barcelone, Tusquets, 2001, p. 45.
[8]
Ibid., p. 46.
[9]
Ibid., p. 215.
[10]
Ernesto Che Guevara : « El socialismo y el hombre en Cuba », in op. cit., p. 639.
[11]
Cuba y el día después. Doce ensayistas nacidos con la revolución imaginan el futuro. Edición al cuidado de Iván de la Nuez, Barcelone, Mondadori, 2001, p. 9-20.
[12]
Ibid., p. 12.
[13]
Ibid.
[14]
Ibid., p. 17.
[15]
Ibid., p. 37-49.
[16]
Ibid., p. 18 et 19.
[17]
Ibid., p. 19.
[18]
L’analyse désabusée de Iván de la Nuez semble rejoindre, par moments, surtout dans sa vision de la « globalisation » (le « parque temático global », selon sa propre expression, in ibid., p. 20), celle de Christian Godin, auteur de Faut-il réhabiliter l’utopie ?, Paris, Pleins Feux, 2000. Celui-ci écrit : Il faut distinguer, jusqu’à les opposer, l’utopie des faits et l’utopie des valeurs. La première réduit l’existence multiple, complexe et contradictoire des hommes à un programme. La seconde, en revanche, maintient comme horizon des idéaux qui, à cause de leur universalité même, n’impliquent en tant que tels aucune prescription particulière : la paix, la liberté et la justice pour la terre entière, pour l’humanité entière sont ces idéaux capables de donner à la mondialisation un sens autre qu’économique. (« D’une utopie à l’autre », in Magazine littéraire n° 387, mai 2000, Dossier « La renaissance de l’utopie », p. 42).
[19]
Eliseo Alberto : Informe contra mí mismo, Madrid, Extra Alfaguara, 1996, p. 17.
[20]
Ernesto Che Guevara : « El socialismo y el hombre en Cuba », in op. cit., p. 638.
[21]
Ibid.
[22]
Ibid.
[23]
Eliseo Alberto : op. cit., p. 49.
[24]
Ibid., p. 50.
[25]
Ibid.
[26]
Ibid., p. 51.
[27]
George Orwell : Nineteen eighty-four, Londres, Martin Secker and Warburg, 1949 (je cite selon l’édition de Penguin Books, Londres, 1954, p. 9). Cet ouvrage de Orwell, de même que Animal Farm, est l’un des exemples les plus significatifs de ces contre-utopies qui voient le jour au XXe siècle, parmi lesquelles l’on peut inclure Nous autres de Zamiatine ou Brave New World, de Huxley. A ce propos, Eric Faye, l’auteur de Dans les laboratoires du pire. Totalitarisme et fictions littéraires au XXe siècle, Paris, José Corti, 1993, écrit : Autant l’utopie pouvait avoir comme ennemi le pouvoir religieux, autant la contre-utopie a obtenu à la littérature le galon d’ennemi numéro un du totalitarisme. Un système totalitaire est en soi littérature, des slogans muraux aux mots d’ordre clamés, aux multiples écrits théoriques de ses dirigeants, aux comptes rendus des plénums, congrès… (…) Jamais, peut-être, l’écrivain n’a redonné autant à l’écrit ses lettres de noblesse et sa puissance que lorsqu’il se trouvait opposé aux petits Zeus du XXe siècle. (« Les contre-utopies », in Magazine littéraire, revue citée, p. 26).
[28]
Ibid.
[29]
Ibid.
[30]
Eliseo Alberto : op. cit., p. 52.
[31]
Ibid.
[32]
Ibid.
[33]
L’exemple le plus éloquent de cette dérive commerciale en est la reprise par Nathalie Cardone de la chanson de Carlos Puebla, Comandante Che Guevara, écrite en 1965, après le départ du Che de Cuba. Tous ceux qui dansent sur ce rythme modernisé de guajira comprennent-ils seulement le sens de ses paroles ?
[34]
Olivier Languepin : Cuba. La faillite d’une utopie, Paris, Gallimard, 1999, p. 269-270.
[35]
Article consulté sur le site elNuevoHerald.com. D’autres articles de Raúl Rivero sont disponibles sur le site CubaNet.org. Parmi ses recueils de poèmes se trouvent : Herejías elegidas, Madrid, Betania, 1998, et Orden de registro / Mandat de perquisition, édition bilingue, Paris, Al Dante, 2003. Sur son œuvre et sa situation en prison, voir également l’article de Eliseo Alberto, « En defensa de Raúl Rivero », publié dans le supplément « Domingo », p. 13-15 du quotidien madrilène El País, le 20 avril 2003..
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